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Au sommaire :
Comment notre cerveau s'arrange-t-il avec la vérité ?
Nous mentons en moyenne deux fois par jour.
Hommes, femmes, enfants : qui ment le plus ?
En fonction du sexe ou de l'âge, nous ne mentons pas de la même façon.
Comment la science traque-t-elle les menteurs ?
Mentalistes ou machines décryptent les signes qui trahissent nos mensonges.
Le mensonge est un vilain défaut, pourtant tout le monde, sans exception, ment! Et cela, au moins deux fois par jour. Et plus vous rencontrez de personnes dans une journée, plus vous êtes susceptibles de mentir. Alors qu'est-ce qui nous pousse à cacher la vérité?
Il faut savoir qu’il existe quatre catégories de mensonge ?
Premièrement, le mensonge pour faire plaisir ?
Il existe toute une déclinaison de mensonges pour ne pas faire de mal à autrui, pour le protéger des émotions négatives. D’une certaine façon, ce type de mensonge sert à mettre à l'abri d'une souffrance.
Deuxième raison de mentir : préserver la paix sociale ?
Par exemple, le mensonge dans le couple peut être une façon d'éviter le conflit. D'une certaine façon, le mensonge est aussi parfois une stratégie de survie.
Troisième raison : mentir sert à protéger notre image ?
On utilise ce mensonge pour garder ce que l'on appelle une désirabilité sociale. Nous avons tous envie d'apparaître comme quelqu’un de bien, d'honnête, d'intègre.
Enfin la dernière raison est purement égoïste : obtenir des avantages ?
Il s’agit là de quelque chose d'utilitariste. Le seul objectif est d'obtenir ce que l’on désire et que l’on n’aurait pas obtenu ou que l’on pense ne pouvoir avoir sans mensonge.
Vous l’aurez compris, nous sommes tous amenés à mentir mais chez certains individus, le mensonge est une véritable maladie.
La mythomanie, c'est se créer un scénario, un personnage imaginaire qui va permettre de tromper les autres mais aussi de se tromper soi-même. Un mythomane, à un moment donné, ne sait plus faire la différence entre ce qu'il est vraiment et le personnage qu'il a créé.
Et lorsque l’on ment, plusieurs zones de notre cerveau travaillent. Mais qu’en est-il du reste du corps ?
Souvent lorsque l’on ment, même si l’on peut sembler particulièrement zen, notre rythme cardiaque s’accélère et même un excellent menteur peut être trahi par son corps.
Nous sommes donc tous amenés à mentir mais ces mensonges peuvent parfois être décelés.
Hommes, femmes, enfants : qui ment le plus ?
On dit souvent que la vérité sort de la bouche des enfants mais est-ce vrai ? A quel âge commence-t-on à mentir ?
S’il est prouvé que les adultes mentent, vous allez voir que les hommes et les femmes ne mentent pas du tout pour les mêmes raisons.
Entre 3 et 5 ans, les enfants ne mentent pas, ils fabulent. Ils s’inventent, par exemple, un ami imaginaire. La fabulation vient du fait que le petit enfant ne discerne pas encore la réalité du fantasme.
À l’épreuve de la réalité, il n’est plus nécessaire de fabuler… Les parents, les copains diront à l’enfant qu’ils ne le croient pas… ce qui permet d’arrêter la fabulation.
La fabulation est un phénomène tout à fait normal chez le petit enfant mais si les parents ne pointent pas le mensonge, les enfants resteront dans l’imaginaire…
En dessous de 6 ans donc, les enfants mentent sans s’en rendre compte et ce sont les adultes qui les ramènent à la réalité.
On dit que les enfants prennent conscience des mensonges à peu près vers 6, 7 ans. Il s’agit de la faculté de discernement.
Le discernement, c’est être capable d’avoir un point de vue autonome de sa pensée, c'est-à-dire être capable d’avoir une opinion différente de ses parents et être libre de penser.
De plus, le mensonge est un mécanisme de défense tout à fait normal que l’enfant développe pour s’adapter au mieux à son environnement.
À partir de 6 ans, le mensonge est souvent une stratégie pour protéger ses intérêts.
Vers 6, 7 ans, le mensonge est utile pour se protéger, pour enjoliver la situation mais aussi pour tester les parents, éviter les sanctions. Le mensonge est un apprentissage social.
Les enfants peuvent se révéler être de très bons menteurs!
Mais d’où tirent-t-ils tout ce savoir faire ?
Le mensonge s’apprend par imitation des parents. Les enfants apprennent des stratégies.
Savoir mentir est donc une compétence qui s’acquiert avec le temps. Plus on grandit plus on ment et plus on perfectionne ses techniques de mensonges.
Nous savons maintenant que les enfants mentent à tout âge. Mais qu’en est-il des adultes ?
Les femmes ont la réputation d’être plus menteuses que les hommes. En réalité, elles ne mentent pas plus mais différemment. Hommes et femmes ne mentent pas pour les mêmes raisons.
Les mensonges commis par les hommes seraient plus égoïstes pour se mettre en valeur quant aux mensonges des femmes, ils seraient plus altruistes visant à protéger les autres.
Même si le mensonge est un vilain défaut, il est parfois utile. C’est même une compétence nécessaire que l’on développe pendant l’enfance et qui permet aux adultes de coexister paisiblement.
Comment la science traque-t-elle les menteurs ? Comment savoir si on nous ment ?
On sait désormais que notre cerveau et notre corps tout entier réagissent lorsque l’on ment. Et c’est sur cette conviction que, depuis 1935, les services de police américains utilisent le polygraphe, plus connu sous le nom de détecteur de mensonge, pour confondre les présumés coupables de crimes. Mais que mesure vraiment cet appareil et surtout est-il fiable ?
Depuis les années 90, une autre méthode de détection a fait son apparition : la synergologie. Popularisée par les séries télévisées, elle permettrait d’identifier, à travers nos gestes, le moindre de nos mensonges.
Mais qu’en pensent les scientifiques ?
Mentir génèrerait un surplus d’émotion, le détecteur de mensonge va donc enregistrer ces différents signaux physiologiques comme la respiration, la sudation, la température, la fréquence cardiaque et la tonicité musculaire.
Mais ces signaux émotionnels ne sont pas envoyés uniquement en cas de mensonge. En situation de stress, de peur, le rythme cardiaque augmente ainsi que le rythme respiratoire…
Voilà pourquoi lors d’un interrogatoire, un suspect peut, par simple stress, envoyé un signal émotionnel, interprété comme un mensonge par la machine alors qu’il dit la vérité.
Cette machine manque donc de fiabilité. Elle ne peut pas suffire à confondre un suspect.
C’est la conclusion d’un rapport de l’académie des sciences américaines, remis en 2003.
De nos jours, la moitié des états américains a abandonné ce matériel et tout suspect peut refuser de se soumettre à cet examen.
Mais depuis quelques années, des séries policières mettent en scène une autre technique de détection du mensonge utilisée par les services de polices. Cette discipline basée sur le langage corporel s’appelle la synergologie.
La synergologie permet de décoder tout ce que l’on ne dit pas par les mots mais que l’on exprime par le corps, le visage, les expressions faciales... Par exemple se passer le doigt sous le nez serait un signe de mensonge, tout comme la bouche pincée.
La synergologie permet de relever des émotions comme la gène. Néanmoins aucune étude scientifique ne peut assurer son efficacité à 100%.
Tout comme le détecteur de mensonge, la synergologie peut donc aider à déceler des émotions mais n’est en aucun cas une preuve irréfutable de mensonge.
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Emission du 20/05/2012
Il y a 03:00
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