Julien vient de finir la première partie de sa tournée (il s’octroie une petit pause jusqu’au mois de novembre apparemment).
Je l’ai vu ce week end, et c’était…comment dire…juliennesque.
Déjà première partie, une fille puisant en partie son inspiration en Maghrébie (c’est comme ça qu’elle dit) assez jolie, pêchue, plutôt rigolote, mêlant dans ses chansons toutes les cultures qui l’ont modelée. Un petit peu du moineau de paris (qui viendrait d’ailleurs de Lyon), une très légère pincée de diams, des comptines enfantines françaises traditionnelles, et puis surtout le souvenir des chansonnettes entonnées par ses grands-mères à la sauce karimouche (c’est son nom). Pas mal.sur scène deux bouquets de roses en guise d’abat- jour sur des spots comme unique décoration, un « human beatbox », et un clavier. (
son myspace, à mon avis « tyzen » est le truc le plus surprenant, prenez deux minutes pour l'écouter)
Seconde partie.julien doré. Les régisseurs s’activent, on monte le décor, qui rappelle vaguement la pochette de l’album. Quelques objets sont mis en place. Un bric à brac sortant de nulle part. Juste quelques trucs anachroniques qui semblent s’être perdus dans les profondeurs des combles d’un théâtre à qui on voudrait faire prendre l’air. En lettres rouges lumineuses sur le mur « julien doré and the bash » (j’étais même un peu étonnée que ça ne clignote pas). Accrochés au plafond deux petits lustres en bronze, pampilles en cristal, perdus dans l’immense espace au dessus de la scène. au pied du clavier, un renard naturalisé qui semble avoir survécu au triste incendie ayant ravagé la fabuleuse boutique deyrolles l’année dernière , paré d’un boa rose (probablement piqué à Régine ) ; près de la contrebasse, une tête de bambi avec un foulard en soie (ou une cravate, enfin un truc dans le style ) ; une petite lampe (qu’il doit avoir trouvé chez sa grand-mère) oubliée sur un caisson, un poste de télé des années 70 ( j’imagine) avec un pied central en plastique blanc juste allumé pour faire un peu de lumière. Voilà en gros. J’ai peut-être oublié certains trucs, mais bon. Ça vous donne l’état d’esprit. Un peu de désordre chic, de l’éclectisme, une pointe d’humour.
En toile de fond, des chansons italiennes des années 70-80.
Et puis le voilà qui arrive avec ses musiciens. Une bande de « ch’veulongs » un peu hirsutes. Mais on ne voit que le zébulon au centre qui sourit malicieusement, un sourire au centre d’une tignasse…déjà, j’ai envie de me marrer…mais non il démarre sur une chanson calme, los angeles. Voilà…cette voix…ahhh…
C’est parti.
Bon je ne vais pas tout raconter (ce serait trop long) ; mais le concert ressemble au décor. Un peu décousu, varié, nourrit de choses très différentes. il chante beaucoup de nouvelles compos ou des reprises (comme « excellent » de sharko) et évidemment des titres de l’album ersatz. Parfois, il s’arrête, un peu perdu, il sourit, puis il danse, il ondule, fait rire, s’agite à nouveau, bondit, s’envole, devient une sorte de pantin désarticulé, s’essouffle, se pose et nous surprend encore. On a le sentiment de temps à autre que ça part dans tous les sens, et pourtant il est toujours là, bien présent, mi clown mi icône pop aux multiples sources d’inspiration. Une sorte de désordre organisé, travaillé, voulu, une fausse désinvolture. C’est lui. Il ne ressemble à personne. Un cas. Bien sur, il parle aussi, provoque, va même se poser un moment dans la salle pour bavasser avec un spectateur. Mais je ne vais pas tout décrire. Allez le voir.
Mais franchement, le meilleur du meilleur, c’est cette capacité incroyable à nous livrer les choses différemment à chaque fois. Cette envie de donner des éclairages , des points de vue nouveaux. Lorsque on écoute « les bords de mer » les premières fois ; on entend ces rimes improbables en « onche » ; ces tournures de phrases bancales, pour moi, on plonge direct dans l'amertume de son dépit amoureux. A la sortie du clip, le triton qui pleure, comment ne pas se marrer, donner une dimension comique à ce dépit, il utilise à fond l’image, ça en fait autre chose, et en concert, seuls la musique et l’éclairage bleu vous emplissent,c'est fluide, une plainte lancinante . Ça forme un tout, plus riche, plus complexe, qu’il sert avec ce talent d’interprète au fil de ses humeurs.
les bords de mer à l'olympia, c'est ce que j'ai trouvé de mieux sur la toile, mais bon...
Bon j’arrête de vous saouler…allez-y la tournée reprend en novembre.
Ps, ah oui j’aime bien aussi le fait que plus rien ne soit ringard avec lui, il trouve de l’intérêt à tous les styles, c’est bien. Ça a été sa force j’imagine à la nouvelle star, dommage, j’ai raté ça.
Edité le 28/09/2009 à 12:25
Chuck Norris mange les emballages des carambars. On ne blague pas avec Chuck Norris.