À l'extrême Sud des États-Unis, sur la côte est, l'archipel des Keys, en Floride, est un monde à part. Entre le golfe du Mexique et l'océan Atlantique, 1.700 îles sont alignées sur 250 kilomètres. Un décor unique et paradisiaque qui attire trois millions de touristes par an. Autrefois prisée par les artistes, comme Ernest Hemingway ou Tennessee Williams, la destination est aujourd'hui incontournable pour les amateurs de plongée et de pêche sportive. C'est aussi le lieu de villégiature des riches Américains en quête d'authenticité, de liberté et d'excentricité. Car dans les Keys, tout est permis, à mille lieux de l'esprit puritain américain du continent. Chaque année, le coup d'envoi de la saison touristique est marqué par une fête extravagante, le « Fantasy Fest ». Costumes de carnaval étincelants, maquillages sur corps dénudés, défilés de zombies, de naturistes ou courses de super héros. Seuls mots d'ordre : se lâcher et s'amuser. Au grand désespoir de groupes activistes religieux qui, armés de bruyants mégaphones et de banderoles aux slogans moralisateurs, viennent jouer les trouble-fêtes dans cette ambiance ultra libérée. Avec ses demeures de style colonial, son luxe discret et son parc national, l'archipel des Keys est aussi devenu un refuge pour les riches touristes passionnés de mer et de nature. A la découverte de cet archipel hors du temps, nous suivrons Wesley Williford, un jeune Américain fortuné, propriétaire d'une incroyable île privée et Howard Livingstone, un ancien business man qui a troqué sa berline, son appartement et son costume cravate pour un bateau, une villa au bord de l'eau et des chemises à fleurs. Loin de cette ambiance survoltée, nous suivrons également le combat de José Guevera, un travailleur précaire, sur le point d'être expulsé de son domicile. Car les Keys sont aussi victimes de leur succès. Le prix de l'immobilier y est deux fois plus élevé que dans le reste des Etats-Unis et les habitants les plus modestes sont obligés de déménager. Certains ont trouvé refuge sur une île abandonnée, en face des grands hôtels de luxe. Ils y vivent comme des robinsons, sans la moindre contrainte, en totale liberté. Mais aujourd'hui, une grave menace pèse sur les Keys. A cause du réchauffement climatique, la région est en proie à des ouragans toujours plus violents. Avec la montée des eaux, les îles subissent une érosion accélérée de leurs côtes. Seul rempart face à l'océan, la barrière des Keys, la troisième plus grande barrière de corail du monde, est menacée. Nous irons en mer avec un jeune scientifique Dan Burdeno qui s'est lancé dans le projet fou de replanter du corail sur le récif.
Capitale de l'État du Tennessee, située au cœur du sud rural, Nashville est devenue, en quelques années, l'une des villes les plus attractives et dynamiques d'Amérique. Considérée comme la capitale mondiale de la musique, elle vibre jour et nuit au son du rock, du blues et de la country. Des centaines de bars et de clubs accueillent des milliers d'artistes. Les trottoirs sont bondés de cowgirls en santiags, de rockers en cuir noir, et de touristes venus du monde entier. Dans les rues, c'est un tourbillon incessant de véhicules rutilants et de monster trucks. Et chaque jour, des sprintcars (voitures de course à la Mad Max) s'affrontent sur des pistes de terre battue à des vitesses folles. Nashville a même volé à Las Vegas, le titre de destination favorite des Américains pour les enterrements de vie de jeunes filles. On la surnomme désormais « Nashvegas ». Nashville est aussi la ville américaine qui s'agrandit le plus vite. Pas d'impôt sur le revenu, qualité de vie maximum et économie en bonne santé, grâce au business de la musique qui génère un chiffre d'affaires de dix milliards de dollars par an. C'est aussi le siège de deux cent cinquante multinationales, spécialisées dans la santé, les assurances et la finance. Et le taux de chômage y est le plus bas de toute les métropoles américaines. Ville authentique, respectueuse des traditions, Nashville est en pleine expansion et attire de plus en plus de familles. Deux cents personnes s'y installent chaque jour, l'immobilier y étant trois fois moins cher qu'à New York ou San Francisco. Plongées dans le tourbillon de Nashville, nos équipes ont rencontré Kiefer Sutherland, le héros de « 24 heures chrono », acteur et chanteur, lors de son concert du Country Music Festival, qui rassemble 400 musiciens pendant quatre jours. Nous avons aussi suivi le parcours sur Broadway (les Champs-Élysées de Nashville) d'une jeune chanteuse, Tiffany, qui rêve de percer. Nous avons découvert, en coulisses, la folie des grandeurs des projets immobiliers de promoteurs que rien n'arrête et des fermiers « new look » qui se sont adaptés aux tendances du moment. Entre racines country et extrême modernité, un document sur Nashville, la ville la plus folle d'Amérique.
L’Espagne est aujourd’hui l’un des pays les plus progressistes d’Europe en matière de mœurs. Une modernité radicale qui bouscule parfois des traditions catholiques, toujours fortement ancrées au sein de la société. À Barcelone, une partie de la jeunesse considère la nuit comme un espace de liberté absolue. À l'image de l'influenceuse féministe Noemí Casquet, adepte du polyamour et des relations non exclusives, ces jeunes revendiquent le droit de vivre sans tabou face aux jugements qui stigmatisent encore le comportement des femmes. Mais l’Espagne catholique ne renonce pas pour autant à son influence. Don Fernando, un prêtre appartenant à l’Opus Dei, surnommé le « curé Tinder », organise des rencontres amoureuses et orchestre lui-même les mises en relation entre messe et randonnées culturelles afin de réévangéliser le pays. En réaction à la montée en puissance des mouvements féministes, une nouvelle mouvance masculiniste gagne du terrain sur les réseaux sociaux. Incarnée par des influenceurs de plus en plus jeunes, elle séduit une partie de la nouvelle génération en prônant un retour radical aux valeurs traditionnelles. Derrière ces fractures culturelles se cache un enjeu démographique majeur : l’Espagne enregistre aujourd'hui l'un des taux de natalité les plus bas d’Europe. Principalement freinés par les difficultés économiques, les jeunes couples peinent à s’émanciper, se marient de plus en plus tard et n’ont généralement qu’un seul enfant. Ce krach démographique a fait la fortune du business de la procréation assistée. Aujourd'hui, plus de 10 % des Espagnols naissent grâce à des techniques de procréation assistée, contre à peine 4 % en France. Symbole de cet eldorado économique, une clinique privée de Valence fondée en 1990 est devenue un géant mondial pesant près d’un milliard d'euros. Ce groupe profite d’une législation ultra-souple qui autorise notamment le don rémunéré de gamètes ou la fécondation in vitro jusqu’à l’âge de 50 ans, des pratiques toujours interdites en France.