Enquête Exclusive nous emmène à travers la planète à la découverte de phénomènes étonnants et de personnages hors du commun, pour faire comprendre les évolutions, les menaces mais aussi les progrès qui nous attendent et nous concerneront tous demain.
Aux États-Unis, c’est une communauté à la fois très visible et quasi-impossible d’accès : les juifs ultra-orthodoxes. Ils sont environ 200 000, la plupart vivent à New York et ils représentent la branche la plus conservatrice et religieuse du judaïsme. On les reconnaît à leurs vêtements. Le code est strict : chapeaux noirs et redingotes pour les hommes, jupes longues et perruques pour les femmes. Exceptionnellement, nous avons pu entrer dans leur monde et filmer leur quotidien, là où les caméras ne vont jamais. Les juifs orthodoxes vivent en vase clos, en marge du monde moderne. Ils se marient exclusivement entre eux et leurs familles comptent souvent plus de six enfants. Leur vie toute entière est régie par la religion, leur pratique du judaïsme n’a pas changé depuis le 18e siècle. Ils parlent le yiddish, la langue des juifs d’Europe de l’Est avant la Seconde Guerre mondiale. Au sein des branches les plus rigoristes, les hommes étudient la religion toute leur vie, et seules les femmes travaillent à l’extérieur pour subvenir aux besoins du foyer. La famille Katz, neuf enfants, a accepté de partager son quotidien : l’école, la synagogue, leurs rites mais aussi les fêtes grandioses et parfois déjantées au sein de la communauté. Si, à New York, les juifs ultra-orthodoxes sont installés de longue date et bien acceptés, à mesure que leur communauté s’étend, des tensions apparaissent. À Monroe, petite ville de la banlieue new-yorkaise, où des milliers de juifs hassidiques se sont implantés, leur présence et leur mode de vie dérangent. Ils ont tenté d’imposer leurs règles et cela ne passe pas auprès des habitants. Quant à ceux qui décident quitter cette communauté ultra-fermée, ils en payent les conséquences : rupture totale avec leurs proches et la découverte d’un monde moderne qu’ils connaissent mal. Plongée dans l’univers des juifs hassidiques, la seule communauté qui vit selon des rituels millénaires au cœur de l’une des villes les plus modernes du monde.
Alors que l’histoire du Venezuela vient de basculer avec l’intervention de l’armée américaine et la capture et l’exfiltration du président Nicolas Maduro et de son épouse, retour sur la descente aux enfers de ce pays autrefois prospère. En 15 ans, le Venezuela, premier producteur mondial de pétrole, est passé d’une économie florissante à un effondrement global : pénurie alimentaire, hôpitaux à l’abandon, émeutes quotidiennes, criminalité endémique. Alors que le pays était peu accessible aux journalistes, les équipes d’Enquête Exclusive ont pu sillonner, il y a quelques années, un Venezuela au bord du chaos, où la principale préoccupation de millions d’habitants est de trouver à se nourrir. Devant les magasins, aux étals aux trois quarts vides, les files d’attente sont interminables. L’armée doit même intervenir pour éviter les pillages et les émeutes. Pour le gouvernement, dirigé par le président Nicolas Maduro, la raison principale de cette crise sans précédent est, à l’époque, la chute du prix du pétrole. En réalité, le projet politique de son prédécesseur, Hugo Chavez, a vite montré ses limites. Nationalisations aveugles, non modernisation de l’outil de production, dévaluation de la monnaie, dépenses sociales mal maîtrisées, sans compter une corruption galopante. Résultat, les usines tournent à vide, le pays manque de tout, à commencer par les produits de première nécessité : nourriture, médicaments. Pourtant, tous les Vénézuéliens ne sont pas logés à la même enseigne. Marché noir, contrebande, restaurants clandestins, nos caméras ont eu accès au Caracas des ultra-riches et des proches du pouvoir de Maduro. Dans ce monde très fermé, on trouve de tout, à condition d’en payer le prix. Pour ces privilégiés, si les pénuries ne sont pas un problème, la sécurité est la préoccupation numéro un. Caracas est la capitale la plus violente du monde. Les gangs armés se multiplient, les enlèvements contre rançon y sont monnaie courante et on peut tuer pour un sac de riz. Une plongée sidérante et effrayante au cœur d’un grand pays amené au bord du gouffre par un pouvoir tout-puissant.